[extraits] Près de quatre mois après l'annonce d'un plan de sauvegarde de l'emploi concernant 101 suppressions de postes à l'usine Comatelec de Saint-Florent-sur-Cher, partenaires sociaux et direction ont signé, lundi, un accord sur les mesures sociales d'accompagnement alors que les négociations arrivaient à leur terme. (...)
Cet accord intervient près de quatre mois après que la direction du groupe belge Schréder, propriétaire de l'usine florentaise, a annoncé la suppression de 101 postes localement (...) pour délocaliser la production française dans des usines en Espagne principalement, mais aussi au Portugal et en Ukraine.
Les partenaires sociaux et la direction se sont accordés sur plusieurs points. En premier lieu, le congé de reclassement qui ira de 18 mois à 20 mois pour les salariés de plus de 55 ans et les salariés fragiles (handicapés). Le budget de formation mutualisé sera de plus de 15.000 euros par salarié. Une prime additionnelle, prime supralégale, a également fait l'objet d'un accord. Selon les élus du comité social et économique (CSE), elle se monte à 10.000 euros par salarié.
Les élus du CSE sont moins enthousiastes. « Nous avons émis des avis défavorables sur le motif économique, sur les questions liées à la santé, la sécurité et les conditions de travail notamment pour les 27 salariés qui resteront. » Le CSE réclamait aussi un congé de reclassement de 24 mois. Il s'est en revanche montré favorable aux catégories d'emploi concernées par le PSE, les critères dans l'ordre des licenciements et le budget de formation.
Mi-septembre, un bras de fer entre direction et comité social et économique avait bloqué la production. Une grande partie du personnel s'était mis en grève plusieurs jours durant. (...)
Le 15 octobre dernier, le sénateur Rémy Pointereau a interpellé le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, « sur les désertions industrielles qui se multiplient dans le Pays Florentais » en insistant notamment sur le cas de Comatelec. (...) Engagé sur de nombreux brasiers sociaux en France, le député de la France insoumise de la Somme François Ruffin, qui était venu soutenir les Comatelec le 24 septembre dernier à Saint-Florent-sur-Cher, a également interpellé le ministre de l'Economie à l'Assemblée nationale sur le cas Comatelec.(...)
Malgré cet accord, les représentants du CSE entendent « continuer le combat auprès des élus locaux. On souhaite être reçus à Bercy. Ce qu'on veut, c'est que ce qui nous arrive, n'arrive pas à d'autres, que l'État n'autorise plus des entreprises qui gagnent de l'argent à délocaliser. On va aussi se battre pour trouver un repreneur. On sera toujours dans les médias jusqu'à la fin. »